visite

Simon Hermelin : Les malheurs de la Maison ronde

Plus grand chantier de France à sa construction, de 1954 à 1963, la Maison de la Radio à Paris sort à peine d’une longue crise déclenchée par une polémique sur le coût de sa rénovation. L’examen des péripéties du projet montre que cette transformation, engagée au prétexte d’une mise aux normes et sans autre programme qu’une actualisation d’image, s’est faite au mépris et au prix de la logique architecturale du bâtiment qu’elle prétendait réhabiliter.

analyse

Valéry Didelon : Les architectes et la communication

En architecture comme dans d’autres domaines, la communication joue aujourd’hui un rôle de plus en plus important. Mais de quoi parle-t-on exactement, quels en sont les moyens et qui sont les acteurs impliqués ? Et surtout, peut-on lui imaginer une autre finalité que la promotion de tel ou tel maître d’œuvre ?

pièce jointe

Claude Parent : Affichages urbains (1972)

débat : Climats artificiels

Alors qu’en décembre prochain s’ouvrira à Paris COP21, la conférence internationale des Nations unies sur les changements climatiques dite « de la dernière chance », comment le monde de la construction, producteur massif d’environnements artificiels, assume-t-il sa responsabilité dans la crise écologique actuelle ?

Plutôt que d’analyser les réalisations vertueuses d’une architecture dite « durable » mais qui reste quantitativement marginale, criticat s’est intéressé à deux situations extrêmes, deux exemples, opposés à tous égards, d’entreprise ou d’aventure à vocation ludique qui prétendent tirer parti de ce grand bouleversement pour réinventer la « nature ».

Nous avons ainsi enquêté sur le système Center Parcs (les fameux villages de vacances aux « bulles » de baignade tropicale dans la forêt), petite utopie devenue grand business au croisement des demandes de la société des loisirs et de la promotion affichée des patrimoines boisés. Mais que penser de la reconstruction tarifée et normalisée de l’environnement par un modèle d’abord tourné vers la performance économique ?

Pour remettre en perspective ces bulles artificielles dans la prophétie scientifique et techniciste qu’elles prolongent peu ou prou, nous republions le texte prescient que Jean Baudrillard consacrait en 1992 à Biosphère II, le plus grand simulateur d’écosystème construit aux États-Unis pour étudier le fonctionnement de la Terre.

À l’autre extrémité du spectre, on découvrira le travail de l’artiste, architecte et activiste Tomás Saraceno, qui se saisit des dommages écologiques causés par la mondialisation — effet de serre, prolifération des déchets… — pour en subvertir les effets nocifs dans une œuvre poétique et jouissive, entre célébration et critique.

enquête

Françoise Fromonot et Stéphanie Sonnette : Le monde selon Center Parcs

La récente bataille médiatique et judiciaire déclenchée par l’implantation d’un Center Parcs à Roybon dans l’Isère a éclairé certains des enjeux qui président à la construction de ces villages de vacances. S’il a été question, pour les opposer, d’écologie et d’économie, l’architecture et l’urbanisme de ces projets immobiliers ont été peu abordés. Tenter de les comprendre sous ces angles, c’est se pencher sur les rouages, l’histoire et l’avenir d’une formidable machine à produire un imaginaire de substitution.

pièce jointe

Jean Baudrillard : La Biosphère II (1992)
 

analyse

Pierre Chabard : Air crafted architecture

Invité dans le cadre de « Artistes 4 Paris Climate 2015 », en marge de la COP21, en décembre 2015, l’artiste Tomás Saraceno promet de « franchir une étape majeure » de son projet artistico-utopique : Becoming Aerosolar. Au croisement de l’art, de l’architecture et de la science, il multiplie en effet, depuis une quinzaine d’années, les tentatives de faire voler des ballons solaires autoconstruits, préfigurations d’une nouvelle forme d’habitat, voire d’urbanisme suspendu, qui entend à la fois dénoncer et dépasser la crise écologique annoncée.

récit

Iain Sinclair : Mes jeux Olympiques

Depuis plus de quarante ans, Iain Sinclair observe et décrit les paysages urbains et humains de Londres. Le choix de son quartier de Hackney pour site des jeux Olympiques de 2012 a accéléré la normalisation de ce secteur de l’East End. L’écrivain dresse de ces mutations un tableau sensible et ironique, qui est aussi une parabole de leur implacable absurdité.

atelier

Jeremy Till : De l’austérité à la rareté

 

 

Numéro 16 (2015 automne)

revue semestrielle de critique d’architecture

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